Roxanne se plaint auprès de Daniel, que ses cheveux longs représentent un signe de désobéissance dans une certaine communauté, à laquelle elle ressemble physiquement. Elle s’interroge alors, si sa différence ne doit pas être gommée pour mieux se fondre parmi les autres.

Roxanne – Daniel
– Papa-Dan, fais-moi des nattes.
– Des nattes ? Tu ne veux pas plutôt demander à Florence ?
– Elle dit qu’elle ne sait pas, qu’elle ne s’en fait jamais, qu’elle se contente juste d’attacher ses cheveux lorsqu’elle a besoin. Fais-moi des nattes, deux, qui vont vers l’arrière, comme Mél… allez…
– Tu as vu ma tête ? Moi non plus je ne m’en suis jamais fait !
– Ramesh, mon oncle, lui savait… Il avait les cheveux courts aussi, gris et blanc, lui. Il ne m’apportait peut-être pas le confort, mais il essayait… Il était gentil. Il m’écoutait. Il n’est plus là !
– Roxanne mon ange, tes cheveux sont super jolis comme ça, naturels et libres… C’est vrai ! Ils disent que tu es fière d’être une fille, quel que soit comment tu t’habilles. Je veux bien essayer de tresser tes cheveux, mais moi je les aime comme ça, vraiment beaucoup. Il y a une raison particulière pour laquelle tu veux changer de tête ?
– On dit que je ressemble à une beurette ! Que les filles, comme moi doivent cacher leurs cheveux. Sinon, il risque de m’arriver des misères…
– Tu peux donner cette impression à certains, mais ça ne veut pas dire que tu dois te plier à leurs règles… Chaque pays, chaque religion ont leurs traditions. À chacun son histoire, tu as la tienne, et c’est ton identité. Je comprends que tu cherches un look plus occidental, et désirer te fondre un peu plus dans la masse. Mais, n’oublie jamais qui tu es et d’où tu viens. Cela te rendra forte, ma fille. Et puis la beauté, crois-moi, elle se trouve très souvent dans ce qui sort de l’ordinaire. Tu es belle, Roxanne, tu es unique.
– Je ne suis pas belle parce que je n’ai pas de portable ! Je ne suis pas belle parce que je ne porte que des fringues de seconde main, et que je n’ai qu’une seule paire de baskets en tout comme chaussures !
– Ah, oui ! Je ne pensais pas à cette beauté-là ! La beauté du cœur, ça te parle ? Ton oncle, Ramesh, tu le trouvais beau ?
– Oui…
– …Et moi ?
– Oui, bien sûr, mais t’as un look de vieux un peu quand même !
– Ah ! Tu penses alors que l’urgence pour nous deux… c’est un plan shopping ?
– Ouiiii ! Et pour Florence aussi. Si je dois encore hériter de ses prochaines fringues, y a pas grand-chose qui me plait ! Elle n’est pas aidée aussi, avec un modèle de père comme toi !