R29 – Hymne à l’espoir

   Roxanne livre à ses amis, sa proposition d’écriture pour leur nouvelle chanson. Chacun en profite pour ajouter à ses paroles, son propre couplet. Après des échanges constructifs entre eux, et plusieurs arrangements, Roxanne ose monter sur sa chaise, et chanter les premières mesures, sur une douce mélodie…

Roxanne retrouve ses amis au collège, en classe de UPEAA. À la fin des deux heures de cours obligatoires, la professeur anticipe la demande de ses élèves, en leur proposant de rester encore un peu, s’ils voulaient, pour avancer sur leur projet musical. Assise à son bureau, elle sort un paquet de copies à corriger, mais observe discrètement le travail de ses artistes.

Roxanne; Mahir

– Les gars je vous livre comme je le ressens, ce qui m’est passé par la tête… et dans mon cœur :

– Aujourd’hui, en vrai, j’ai un nouvel ami.
– Il n’est pas de mon pays, mais nos cœurs se sont accrochés.
– Il a deux yeux qui regardent vraiment, 
– Ils brillent et attirent comme deux aimants.
– L’amitié la vraie, elle, on ne peut pas la scroller.
– Son sourire à lui ne lag pas. Viens, donne-moi ta main,
– Sur mon cœur, là tu peux me toucher.
– Aujourd’hui pour de vrai, je suis amoureuse.
– Et si je sors encore mon tel, c’est juste pour t’appeler.

– Alors ? Toi Mahir, tu en penses quoi ?…

– J’aime… Ton texte est beau…

– Mais ? 

– Tes paroles… Comment dire, ça manque de slam… C’est joli, mais… pas assez de « Tchack tchack bim bam boum »

– Je vois ! Tu nous proposes quelque chose ?

– Moi, j’ai écris ça… Écoutez les paroles, mais surtout le rythme. C’est comme un petit ruisseau. L’eau s’écoule, tout en rebondissant sur des petit cailloux :

– On ne sort plus dehors, c’est pourtant encore l’été.
– Mon pays devient tout petit, quand mon ordi, parle à l’univers.
– Ici on voyage sans papiers, sans nationalité, c’est le monde à l’envers.
– Mes amis virtuels, ne volent pas dans la légalité.
– Nos lois nationales sont trop étroites, pour la réalité.
– Tadidata tadidata, tadadadati. Tinanana nanana nananati !

Parwana – Roxanne – Dmytro

– J’avoue, que… Musicalement, c’est mieux.

– Dmytro ? Ton avis ?

– Roxanne, ta voix est plus jolie que celle de Mahir. Si tu veux mon avis. je te laisse chanter ma partie. Enfin, si tu en as envie. Pour moi, ça a été galère ! Voici ma trente-sixième version:

– Où peut-on bien dormir, avec sur Terre, tant de détraqués.
Il suffit de regarder en l’air, et choisir, ce qui va nous éradiquer.
– Recevoir des bombes du ciel, ou par la nature qui se déchaîne,
L’humanité s’éteint dans le fiel, plus rien ne lui fait de la peine.
– Comment réveiller l’amitié ? pour ça, il suffit de se reparler.
– Alors, commence par sortir dehors, et éteins ta télé.

– Mais c’est super… Reste à savoir comment on va faire le lien entre tout ça ! Et toi, Parwana, tu as aussi un truc différend à proposer ?…

– Moi, je veux parler de ma petite sœur, de l’avenir… Je n’ai pas de musique en tête, je vous lis mes paroles, juste comme ça…

– Petite sœur, le monde n’est pas trop grand pour toi.
– Lorsque deux bras t’enlacent tu ne sens pas le froid.
– Un cœur qui bat ça se ressent, dix mille cœurs ça s’entend.
– Ton super pouvoir d’enfant, c’est l’émerveillement.
– Qu’importe où tu grandis, ton imaginaire te rend libre ici.
– Partage tes rêves ma grande, ces dix mille cœurs, il faut les entendre.
– Aujourd’hui, pour de vrai je me sens mieux.
– En te voyant grandir, quel bonheur de te voir rire.
– À tout le monde et à la vie, j’ai envie de crier mon sourire.

– C’est très touchant, mais la musicalité, ce n’est pas ça non plus.

– Je sais, Mahir. Mais on peut améliorer, c’est juste une base.

Mahir; Dmytro

– Les amis, on a tout mis dans le chaudron. Laissons mijoter ça un peu… Notre tube va sortir tout seul. Comme par magie, vous allez voir.

– Tu t’y connais en magie noire, toi ? Tu nous le fais, à la Marabout ?

– Faut pas se moquer des esprits, Dmytrotinnette. Ils nous accompagnent partout les esprits, tu sais. Ils nous inspirent, ils soufflent à ton oreille… juste un peu plus fort à la tienne, certainement. Si nous sommes à leur écoute, notre tube, il ne peut que marcher !

– Ah… c’est pour ça !! Je comprends maintenant pourquoi les vivants s’obstinent à dire aux morts, allez… Repose en paix !?

Rire général

Parwana; Dmytro

– Le titre, que pensez-vous de « L’amitié en vrai » ?

– Bof !

– Merci Dmytro !

– Fallait pas me demander mon avis, aussi… Allez, vas y, venge toi Parwana. Moi je propose ce refrain :

– À la ville comme ailleurs, dehors partout c’est chez nous.
– L’amitié sans frontière, n’est pas qu’une idée en l’air.
– Demain un monde sans guerre, nos enfants en seront fiers.
– Ne laissons pas alors, construire des murs entre nous !

– Je valide…

Mahir; Roxanne

– Pour le titre, moi non plus… pas assez… Trop banal ! Pourquoi pas plutôt : « Scrolle pas l’amitié » ?

– Moi j’aime, Mahir. Ça me parle, même si on ne prononce pas une seule fois le mot Scroll, dans la chanson !

– Sinon pour le refrain, faut faire plus simple, je crois. On doit pouvoir raccourcir.

Au bout d’une heure, Les paroles enfin arrangées sont écrites au tableau.

Roxanne

– Donc… Si je récapitule tout bien, voici à quoi cela pourrait ressembler :

Roxanne se lève, regarde ses amis, leur sourit, puis décide de monter sur sa chaise, debout, devant les yeux surpris et amusés de ses amis. Avec son stylo à la main en guise de micro, elle commence à chanter…

Skrolle pas l’amitié

[Couplet 1 – Roxanne]

Aujourd’hui en vrai, j’ai un nouvel ami.

Nos âmes se sont trouvées, sans être du même pays.

Par-delà les frontières, on se donne la main.

Notre seule prière, construire un lendemain.

Qu’importe ce que les gens disent, ils ne nous font pas peur.

Volent volent nos sentiments, le ciel se pare, de nos belles couleurs.

[Refrain]

L’amitié sans frontière, n’est pas qu’une idée en l’air.

Bâtir un monde sans guerre, peut-être un jour, nous en serons fiers.

[Couplet 2 – Mahir]

En vrai ici comme ailleurs, tout le monde est connecté.

Plus personne regarde dehors, c’est pourtant encore l’été.

Mon pays devient tout petit, quand mon ordi, parle à l’univers.

Ici on voyage sans papiers, sans nationalité, c’est le monde à l’envers.

’univers a des lois nationales, trop étroites, pour la réalité.

[Refrain]

L’amitié sans frontière, n’est pas qu’une idée en l’air.

Bâtir un monde sans guerre, peut-être un jour, nous en serons fiers.

[Couplet 3 – Dmytro]

Comment peut-on bien dormir, avec sur Terre, tant de détraqués.

Il suffit de regarder en l’air, et choisir, ce qui va nous éradiquer.

Tomber sous le feu du ciel, ou par la nature qui se déchaîne, 

L’humanité s’éteint dans le fiel, plus rien ne lui fait de la peine.

Comment réveiller l’amitié ? pour ça, il suffit, oui, de se reparler.

Alors, commence par faire un tour dehors, et éteins ta télé.

[Refrain]

L’amitié sans frontière, n’est pas qu’une idée en l’air.

Bâtir un monde sans guerre, peut-être un jour, nous en serons fiers.

[Couplet 4 – Parwana]

Petite sœur, le monde n’est pas trop grand pour toi.

Quand deux bras t’enlacent, tu ne sens plus le froid.

Mon cœur qui bat, contre le tien, tu le ressens.

Dix mille cœurs ensemble, partout dans le monde ça s’entend.

Ton émerveillement ton imaginaire, mon enfant, t’apporteront toujours beaucoup d’amis.

Partage tes rêves ma grande, et fais-nous-en, une très belle symphonie.

[Refrain]

L’amitié sans frontière, n’est pas qu’une idée en l’air.

Bâtir un monde sans guerre, peut-être un jour, nous en serons fiers.

Le temps vient subitement de s’arrêter. Les sourires sur les visages montrent une émotion encore bien présente. Même la professeur, avec la même copie entre les mains depuis le début, est émue. Aujourd’hui, bien plus qu’une simple chanson vient d’être écrite.

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