C21 – Jour 22 – Dan et Serge

   Serge partage son inquiétude avec Élise, face aux choix de Calie. Il tente à travers une histoire et un personnage fictif de passer un message à sa fille. Plus tard, devant Élise, Rebecca dénonce les dérives qu’elle rencontre sur internet, et qui la choquent profondément.

J’aimerais être astronaute… encore plus près des étoiles, et que le monde d’en bas me foute définitivement la paix !

Élise

   Comme chaque matin, j’organise autour de ma table de cuisine un briefing avec tous mes problèmes du moment. Café et brioche à volonté, les priorités y sont discutées, et des plans d’actions mis en œuvre. L’ordre du jour évolue au fur et à mesure de l’effet de la caféine dans mon organisme.
   Tout se déroulait dans un calme absolu ce matin, jusqu’ à ce que la sonnerie du téléphone vienne perturber le fil de mes pensées…

Serge – Élise

– Allo, Lise ? Je t’appelle à propos de ton mail d’il y a quelques jours, celui avec la réponse de Calie, et la suite de l’histoire de Aléïc. Je ne sais plus comment faire avec notre fille, tu as un moment pour en discuter ?
– Viens, je t’invite à mon briefing matinal… j’en suis à ma quatrième tasse de café, je devrais être assez alerte pour t’écouter…
– Tu as lu sa lettre ? Calie ne donne aucun signe qui irait dans le sens que nous souhaitons ! Plutôt inquiétant, non ? Si nous arrivions miraculeusement à la faire revivre, et qu’elle décidait de ne pas revenir, qui allons-nous réveiller ? Que pouvons-nous encore faire pour la convaincre, Lise ?
– Je partage tes craintes, Serge. On ne contrôle pas tout. Il faut bien reconnaitre qu’elle a grandi. Elle a aussi le droit de choisir son propre chemin. Même si ce n’est pas celui dont on est fan. Nous l’avons bien fait, nous, à notre époque. Rappelle-toi. Et c’était aussi à des moments importants de notre vie. Elle mérite la même liberté. Elle a entendu nos arguments, nous ne pouvons pas en faire, pour le moment. Poursuivons ce qui est déjà entrepris… Il peut se passer encore tellement de choses d’ici là !
– C’est dur… Je ne l’ai pas vue grandir. À mes yeux, elle reste cette petite fille fragile que j’aime tant… Tu vois, j’en parle comme si elle était là ! J’ai tellement envie encore de la protéger. M’imaginer qu’elle est capable de décider seule… ça me coûte ! Je délire, mais c’est ce projet, Lise… Il y a tellement d’incertitudes. Et pourtant, aussi beaucoup d’espoir. Certains jours, je me sens si près de réussir, et d’autres… J’ai envie de tout balancer ! Le doute, c’est le cancer de l’espoir. Il ne te lâche pas comme ça. Retrouver Calie, vraiment, entièrement… C’est un objectif atteignable… Échouer dans cette entreprise me serait insupportable !
– C’est normal de douter. Mais ne laissons pas ces pensées nous paralyser. Engageons tout l’amour qu’on a pour elle. C’est ça notre rôle. C’est un peu ça d’être parent, non ?

– J’ai aussi lu la suite de l’histoire qu’écrit Aléïc, plusieurs fois même. C’est surprenant ! Impossible de ne pas faire le parallèle avec ce qu’on a vécu avec Calie, les derniers mois. Avec elle, nous étions arrivés au même point de rupture que Dan et Flo ! Comme Dan, j’étais dans l’impasse, incapable de rétablir le dialogue. Elle est partie avec sa colère. Et moi, je suis resté là, comme un con, avec mon obstination qui résonne désormais dans le vide.
– Calie s’est identifiée à Flo. Elle souffre de ne pas se faire entendre, comme elle. Et nous, on l’assomme avec nos arguments peu convaincants. Même si on mesure tout l’enjeu scientifique, il faut bien admettre que notre vraie motivation est de la revoir vivre parmi nous ! Partant de là, difficile d’être objectifs.
   L’histoire de Aléïc est à la base l’idée de Calie. Il faut y voir chez elle aussi, une volonté de renouer le dialogue entre vous. Vous êtes tous les deux à fleur de peau… Peut-être que passer par un personnage de fiction est devenu votre seule façon de communiquer ? En tout cas, c’est une chance à saisir. Ne passe pas à côté. Ne la déçois pas.
– Je n’ai plus d’autre alternative pour lui parler, de toute manière. Et je ne t’ai pas attendue pour lui écrire, je te rassure. J’ai même pris l’initiative de répondre à Flo à la place de Dan. Je n’ai pas pu résister. J’ai affiché mon texte dans la chambre d’Aléïc, en espérant qu’il soit lu. Si Flo est touchée, alors peut-être Calie osera répondre… Regarde dans tes mails, je t’ai mise en copie.
– Je regarde ça tout de suite.
– Finis ton café, il n’y a pas d’urgence. Je te rejoins un peu sur notre objectivité, discutable… mais en même temps, c’est elle qui donne un sens à toute cette affaire.
– Nous ne sommes plus seulement deux à décider, Serge. Pour l’instant oui, mais faisons-nous à l’idée que nous sommes quatre désormais. Réapprenons ce qu’est une famille. Rester unis, tout en respectant les idées des uns et des autres, c’est notre premier défi.
– Tu as raison Lise, comme souvent ! Quoiqu’il arrive, l’essentiel, c’est de reconstruire cette famille dispersée ! Merci de me le rappeler. Je vais essayer d’être un peu plus à l’écoute, d’avoir un esprit moins tranché. Je ne promets rien, mais j’essaierai ! Ah, je t’ai mise en copie du mail pour Aléïc.
– L’important est de faire l’effort.
– Oui, commencer par-là, c’est déjà un pas ! Merci pour ton temps. Désolé si j’ai pu te mettre en retard ! Bise, et bonne journée.
– Je t’embrasse, à très vite.


   Email De : Serge
   Objet : Dan
   À : Élise

   Message de Serge pour Aléïc

   Aléïc,

   Élise me fait suivre le récit que tu écris pour Calie. Tu as le sens de la narration, bravo, même si tu prétends ne rien inventer. Tu m’as ému. Je ne sais pas si c’est un fait exprès, mais l’imbroglio dans lequel se trouve Dan avec sa nouvelle activité professionnelle, et ses rapports tendus avec sa fille me parlent beaucoup.
   Élise prétend aussi que Calie affiche une certaine sensibilité par rapport à Florence. Je ne veux pas laisser échapper une chance, même infime, de me rapprocher d’elle. Alors j’ai une requête à te faire. Je me sens tellement concerné par ton histoire, que j’aimerais y participer. Je ne sais pas trop où tu voulais emmener Dan et Flo, mais voilà, je me suis permis d’enfiler le costume de Dan, et d’écrire cette lettre à Flo. A travers elle, je sais que Calie m’entendra. J’ai tellement de choses à lui dire… Ce mur est une idée de génie pour exprimer nos sentiments, et surtout pour les afficher noir sur blanc.
   Avec ton accord, j’aimerais que Florence lise ceci :

Dan
   Flo, je sais, j’aurais dû te demander ton avis avant de prendre cette décision. Tu étais pleinement concernée. J’ai cru, à tort, que parce qu’il s’agissait de mon travail, j’étais seul à pouvoir décider. Que passer plus de temps à la maison nous rapprocherait. Encore une erreur ! Mais pour essayer d’argumenter un peu, voilà ce que j’ai à te dire.
   L’école nous aide à grandir et à trouver notre place dans la société. Seulement, plus on avance vers le monde adulte, plus on s’enferme dans des contraintes de vie personnelles et professionnelles qui conduisent in fine à nous reformater le cerveau. Certains y trouvent leur compte. D’autres constatent que les réflexes naturels que l’on reçoit enfant, comme la curiosité, l’émerveillement, la spontanéité, l’ingéniosité, ou encore l’amour, sont bafoués. Ils pensent alors que leur réelle contribution à la société se trouve ailleurs. Que dans cet univers devenu émotionnellement trop étroit, ils s’ennuient à mourir. C’est tout moi. Je ne sentais plus mon cœur battre assez fort, ma fille. La vie est fragile et jamais aussi longue qu’on ne le souhaiterait. Alors j’ai voulu prendre le temps de me retrouver, communier à nouveau avec l’essentiel et les fondamentaux. Avec cette résolution, je suis désormais en phase avec qui je suis réellement. Et cela, crois-moi, ça n’a pas de prix, sauf celui de te perdre.
   Je vois bien le fossé qui se creuse entre nous. Nos sentiments refoulés macèrent. Ils pourrissent d’autant plus notre relation que, toi comme moi, nous ne sommes pas de grand communicants. Je vis ta détresse au fond de moi. Elle m’affecte profondément. J’aimerais pouvoir t’aider… si seulement tu voulais me laisser juste un peu d’espace dans ta vie.
   Trouver sa place dans la société prend du temps, ma fille. On peut se tromper, s’égarer, ou le plus souvent ne pas savoir dès le départ quelle direction prendre. On en a déjà discuté plein de fois, je sais, mais tu ne m’as jamais vraiment parlé de tes rêves avec les yeux qui brillent, ni comment tu imaginais l’avenir. Si tu m’autorisais une seule question, je choisirais celle-ci : En oubliant toutes les difficultés à surmonter pour devenir la personne qui te correspondrait le plus, que voudrais-tu faire plus tard ?


   En espérant ne pas avoir trop contrarié le fil de ton histoire,

   Serge

Élise

   Mon brief du matin se termine sur un constat amer: je n’en fais pas assez pour préparer le retour de Calie. Cette inaction est pesante. Ma seule vraie contribution, c’est de recueillir des informations auprès de Aléïc, Hope et Calie ! Mes échappées inter-dimensionnelles trouvent enfin une utilité à mes yeux, mais je dois les intensifier. Mon objectif est clair: parler avec Calie comme je le fais avec Hope.
   Je quitte donc ma table de réunion, pour m’installer dans le canapé du salon, prête pour un voyage en business class. L’ordinateur sur les genoux, j’attends. Aléïc, impatient, est le premier à se présenter.

Aléïc

– Serge, avez-vous seulement une once d’humanité en vous ?… Croyez-vous vraiment qu’être esclave ou cobaye puisse faire rêver ? Vous êtes-vous projeté une seule seconde à ma place ? Je n’ai aucun souvenir personnel, ni aucune chance de m’en sortir, selon vous. Comment osez-vous imaginer que je puisse kiffer la vie de rat de laboratoire. Que se passera-t-il lorsque je ne vous serai plus d’aucune utilité ? Je collabore uniquement par dépit. Parce que je n’ai pas le choix. Parce que je me suis engagé auprès de Calie. Parce que cet univers que je découvre est surprenant. Et enfin, parce que malgré tout j’ose garder espoir.
   Mais comprenez bien une chose: votre cynisme ne me convaincra jamais de renoncer à mon identité… surtout si c’est pour servir votre propre ambition. Votre manque d’empathie n’a d’égal que votre égoïsme ! L’espace qui sépare le monde de Calie du vôtre se mesure en années lumières.
   Estimez-vous normal qu’à seulement dix ans, votre fille se soit déjà demandé ce que la vie lui laisserait le temps de faire ? Et qu’à douze ans, elle ait accepté comme une fatalité qu’on la lui retire ?
   Elle avait fini par trouver un sens à ses malheurs. Et vous… Vous étiez incapable de l’écouter. N’était-ce pas alors la pire des punitions pour elle ?
   C’est pour Calie, et pour Calie seule, que je poursuis le récit de ces souvenirs. Mais cette fois, c’est moi qui compose. Dans ce contexte, je vois donc tout à fait Flo répondre à son père ceci…

Flo
   Les nuits sont toujours trop courtes, et mon sommeil agité. La cogitation gangrène mon humeur. Le mur des lamentations risque d’en pâtir. Devoir répondre à cette question psycho m’agace grave. Je reprends la plume, ou plutôt le marquer XXL, sans me soucier de savoir si les idées sont bien alignées, je marque…
   « J’aimerais être astronaute… encore plus près des étoiles, et que le monde d’en bas me foute définitivement la paix !»
   Sitôt ces quelques mots graffés à l’encre indélébile, le remord me rattrape. Je ne voulais encore pas dire ça, pas comme ça ! Je suis pitoyable. Je vomis ma bile, je me dégoutte. S’il vous plait, à l’aide, je vais finir par tout gâcher !

Calie – Aléïc

– Florence, arrête… Tu ne me ressembles pas. Je ne rentrerai pas dans ton jeu, ni dans ton histoire. Ce que tu fais là, c’est pas toi. La scarification gratuite, c’est pas mon truc. Regarde-toi bien. Ce n’est pas un mur de lamentations que tu fixes, mais un miroir. Tu t’reconnais dans ce que tu viens d’écrire, là ? Tu veux faire la maline, ta rebelle pour attirer l’attention… mais ta comédie ne prend pas. Moi je vois tout d’suite que ce n’est pas toi. Tes yeux sont humides, regarde-toi, des larmes coulent sur tes joues… Ce sont des larmes d’amour…
   Décroise les bras Flo, laisse-toi enlacer. Je ne suis plus vivante, mais en me serrant contre toi, tu sentirais mon cœur battre, et du sang couler dans mes veines. J’aimerais tellement être à ta place en ce moment. Reviens à la vie Florence, le monde des ténèbres je connais. Il n’a rien à t’offrir, rien. Il est triste et ennuyeux. T’es encore du bon coté, profites en, avant qu’il ne soit trop tard. Tu as un père, et il t’aime. Sois en fière, le reste a tellement peu d’importance au regard de tout ça !
– Ça va Calie ? Tu t’es pris les pieds dans l’histoire ? Flo t’as fait un croche-patte ? Cette partie est de ma composition. Elle est libre de droit. Je te cède le récit tout de suite, et avec plaisir. Avec ce que je viens de dire à ton père, pas certain que cette histoire prenne la bonne tournure.
– Florence m’inspire, c’est vrai, mais elle me fait aussi bondir. Ce n’est tellement pas moi, mais à la fois tout ce que je ressens. Prendre sa place va bien me secouer émotionnellement, je pense. Je veux bien essayer, si tu me promets de rectifier la trajectoire si je m’emporte un peu trop.
– Deal !

Élise

   Malheureusement la rêvasserie n’est jamais permise trop longtemps dans mon emploi du temps. Heather veille au grain. Trop heureuse de me voir enfin décrocher le téléphone, elle en profite pour charger toujours un peu plus ma liste de rendez-vous. À ce rythme, elle doit déjà anticiper mes futurs retards.
   Serge, lui, a trouvé un exutoire inattendu : l’histoire d’Aléïc. À travers Dan, il parle à sa fille avec sincérité, émotion, et justesse comme il ne l’a jamais fait. Je ne l’ai jamais vu comme ça. Il avait besoin de se remettre à rêver. Le rêve est le poumon de l’équilibre mental. C’est une activité qu’il ne pratiquait plus depuis un moment. Et plus rien n’allait dans sa tête. Calie s’est également piquée au jeu. Jusqu’où cela les mènera-t-il ?
   Je lui prépare un email avec mon fichier, et tout ce que j’ai pu collecter ce matin. Puis je file attraper mon bus, bien décidée à inclure dans ma routine matinale une dosette de bonne humeur auprès de Sam !

   Devant ma soudaine régularité à arriver à l’heure au travail, Heather m’accueille désormais avec ce demi sourire sceptique. Comme si elle attendait que je retombe dans mes travers. Agacée par cette méfiance affichée, je rentre dans mon cabinet sans lui laisser le temps d’ouvrir la bouche ! Je referme la porte, et me fige. Rebecca est là, assise à mon bureau !

Élise – Rebecca

– Bonjour Becky, on avait rendez-vous ?
– Vous m’avez tendu un piège… J’suis tombée dedans, chus vraiment mal là… J’viens hurler ma colère. Les hommes me voient comme un objet, juste bonne à assouvir un plaisir sexuel. Poussés par leur testostérone, ils se conduisent comme des animaux, des prédateurs, et la proie c’est moi ! J’suis chassée, traquée et parfois même, forcée de me soumettre… J’ai honte de l’dire… mais ça me révolte, presque tout autant que ça m’excite. J’suis paumée, et malgré moi, il m’arrive de céder aux avances de ces monstres…
   Heureusement, sur internet, ça reste virtuel. Mais les sensations, elles, sont bien réelles. Vous savez ce qu’on m’envoie ? J’suis effrayée… Des photos de pénis en érection, des propositions de rencontres pour des pratiques sexuelles, seule ou à plusieurs… Des hommes, mais aussi des femmes. Ces gens… dans la vraie vie, ils se comportent comment ? Notre humanité est super malade… Parfois une curiosité malsaine me pousse à aller plus loin. À voir jusqu’à quel point ça peut aller dans le sordide… J’accepte alors, quand mes hormones s’affolent, l’échange de photos… Y’a pas de limite dans l’horreur… Ma perversité a ses limites. J’dois souvent arrêter rapidement ma navigation, si j’veux pas vomir sur mon clavier.
   M’dame, reprendre la page de Calie, c’est en train de me bousiller psychologiquement… J’y arrive pu. J’salis l’image de votre fille, en m’faisant passer pour elle ! Certaines photos ou commentaires vont m’rester gravés à jamais… Demandez-moi d’arrêter, s’il vous plait. C’était pas une bonne idée… Internet est un vivier géant sans foi ni loi, dans lequel de grands détraqués de la cervelle jubilent. Le malheur, c’est que rien n’est fait pour que tout ça s’arrange ! Au nom de la liberté d’expression, on n’a pas à y voir autant de choses qui relèvent de la pathologie comportementale…
   Pis y’a autre chose… J’suis tombée amoureuse ! Y’a aussi des gens bien, malgré tout. Mais encore une fois… c’est pas moi qu’ils aiment. C’est Calie. Sa photo. Son image, même si ce sont mes mots qui se cachent derrière. C’est pas honnête ! Je leur mens, je me mens. Mais arrêter là me paraît tellement impossible après avoir connu le bonheur d’être désirable, de plaire à des gens de mon âge… J’sais pu comment faire, j’pleure souvent, tous les jours même !! J’sais pu qui j’suis…
– Rebecca, je suis désolée…
– …Ah oui ? Désolée ? …Comme ces gars qui me manquent de respect, et viennent pleurer quand j’les bloque ? Vous avez peur que j’change de docteur, c’est ça ?
– Nan… Parce que tu es en colère. Moi aussi, tu vois, j’ai les larmes. Je suis responsable de tes malheurs… Crois moi, j’ai le cœur serré à te voir dans cet état… La vie est beaucoup plus dure qu’elle ne parait. Je t’ai mise face à ce monde malade sans arme. Je t’ai poussée là-dedans sans t’y avoir préparée, sans te prévenir de ce que tu risquais d’y découvrir. Je refusais de croire à toutes ces horreurs que tu me racontes. Je n’ai pas pris toute la mesure de ton innocence… Je te demande pardon… Pardon, et encore pardon.
   Il ne faut cependant pas s’apitoyer, et donner raison à ces êtres malfaisants qui prennent plaisir à pourrir la vie des autres. Ne leur donne pas ce pouvoir sur toi. Oui, cette expérience est terrifiante, c’est un électrochoc même. Mais il faut t’en servir pour rebondir, maintenant. Tu viens de découvrir que tu as des limites, et tu sais rester dans le domaine du supportable. Tu apprends la vie en même temps que tu prends confiance. Te cacher derrière Calie ne te sert plus à rien, puisque ce sont tes mots qu’on aime, ta personnalité. L’âme d’une personne est bien plus importante que son physique. Tu es belle Becky… Il est grand temps que tu le calcules ça ! Tu as du charme, de la personnalité, tu es très attachante. Oui, je te confirme, j’ai très peur de te voir partir maintenant… Tu n’es pas qu’une simple patiente à mes yeux. Et si je ne me retenais pas, je te prendrais dans mes bras là tout de suite…
– Vous m’soignez pas… Vous m’infantilisez. J’redeviens une p’tite fille dans vos bras… Votre tendresse, votre affection, je prends. Ma colère s’apaise. J’ai besoin de vous encore. Je vous aime trop… J’pleure, j’sais pas pourquoi, là, mais ça fait du bien… Gardez moi dans vos bras… Pour toujours… Lâchez pas…
– Nous allons rendre à Calie ce qui est à Calie… Un site internet n’est peut-être pas au final le meilleur choix pour diffuser ses idées.
– Non, attendez… Y a peut-être un autre moyen d’utiliser internet, qu’à travers une stupide page Facebook…
– Becky, c’est toi la chef, je te suivrai dans toutes tes décisions à venir, j’ai vraiment confiance en toi, moi.

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