R50 – Sorties de route

   Un malentendu pousse Florence à accuser violemment Roxanne. Brisée psychologiquement, Roxanne prend la fuite. Retrouvée quelques heures après chez une amie, la vérité éclate. La confusion entre amour et préjugés est-elle la seule cause à l’origine de l’affaire ? Une rivalité est-elle en train de naître entre Florence et Roxanne ?

Roxanne dort contre Dan, observée par Néha et Florence

22:10

Dan tourne en rond depuis plus d’une heure, il est sans nouvelle. Une voiture enfin se gare devant chez lui, les phares restent allumés. La portière arrière côté rue s’ouvre, quelqu’un descend. Puis la portière claque, et donne à la voiture le signal de repartir. Roxanne passe le petit portail, elle n’a pas l’air bien. Dan lui ouvre, elle se jette dans ses bras…

Roxanne – Dan

  • Papa… Sers moi fort…
  • Il… il n’est pas revenu ?

Roxanne rentre de Saint Camille. Ce qu’elle y a vu, lui restera gravé à jamais… Ce que voulait faire Aléïc, Serge et Josh l’ont aidé à le réaliser. Et visiblement, quelque chose a dérapé…

  • Ché pas… Il dort… Mais il n’a toujours pas rouvert les yeux… Suis partie avant.
  • Si Serge t’a laissée partir, ma chérie, c’est qu’il pense que tout est sous contrôle…
  • …Papa…
  • Quoi, mon ange ?
  • J’ai voulu qu’il meurt, pour de vrai…
  • …Tu étais en colère ? L’émotion… Elle te fait dire n’importe quoi des fois !

Roxanne éclate en sanglots

  • Il… il ne voulait pas revenir…. Je… je le déteste…
  • Avant de le détester… Attends au moins qu’il te raconte. La route du retour, elle était peut-être mal indiquée ?

Il finit par s’asseoir sur le canapé, avec Roxanne dans les bras. Ils restent tous les deux silencieux, comme ça, jusqu’à ce que Dan propose d’aller se coucher.

  • Flo a pris ta chambre, avec Néha. Tu vas donc comme…
  • …On peut rester là ?
  • Pas très confortable… Tu ne crois pas ? Un bon lit ce n’est pas mieux ?
  • Je peux dormir avec toi… Papa ?
  • Mais…
  • …S’il te plait ? Suis privée de Néha ce soir… Je ne peux plus dormir seule !

Quelques minutes plus tard, Dan rentre le premier sous la couette puis s’allonge sur le dos. Une fois les dents brossées et en pyjama, Roxanne se glisse à son tour dans le lit, et vient poser sa tête sur l’épaule gauche de Dan. La main de Dan vient lui caresser les cheveux, puis finit par s’arrêter sur son dos. Juste avant que le sommeil les emporte tous les deux, Dan murmure :

  • Tu ne m’appelles plus Papa Dan ?

Roxanne ne répond pas… La tête toujours posée sur l’épaule de Dan, elle se contente de ramener une main sur son torse, et de se rapprocher encore plus.

Très peu de temps après, le sommeil emporte un père et sa fille.

6:30am

Néha se lève faire pipi. Puis va jusqu’à la chambre de Florence réveiller Roxanne… Elle revient d’où elle est partie, paniquée et en courant. Elle réveille Florence avec fracas…

Néha – Florence

  • Roxanne n’est pas rentrée… Appelle-la avec ton téléphone… Elle est où ? Trouve la…
  • Néha… Si elle n’est pas là… C’est qu’elle a dû dormir chez ses amies… Alice et… Léonie…
  • Tu peux l’appeler quand même ? C’est l’heure de se lever de toute façon !…
  • Mmmm… encore deux minutes ?
  • Il est où ton tel ?
  • Grrrr… Ok ! Une seconde…

Florence appelle Roxanne en FaceTime… La sonnerie confirme l’appel en cours… Le bruit d’un téléphone qui vibre se fait entendre dans la chambre voisine, celle de Dan. Florence et Néha se regardent. Intriguées, elles décident d’aller voir. Néha, la première, ose ouvrir la porte et se faufiler. Florence du couloir l’observe. Néha s’arrête devant le lit, regarde Florence et d’une voix murmurée lui dit…

Néha – Florence

  • Elle est là !…
  • Ben réveille la…
  • Nan !
  • Pourquoi ?
  • Elle est dans les bras de Papa Dan !…
  • Faudra bien qu’il se lève un jour, lui aussi ! Donne son tel… On va lui régler l’alarme.

Florence règle le téléphone de Roxanne, puis Néha le dépose dans le lit, à côté de sa tête. Leur forfait accompli, elles descendent ensemble préparer le petit déjeuner.

À peine cinq minutes plus tard Roxanne descend à la cuisine…

Néha – Roxanne

  • Alors t’as vu Papa hier ? Et Maman ? Il l’a réveillée… Elle est revenue ?

Les yeux encore rougis par la fatigue et la tristesse, Roxanne tente de répondre à sa petite sœur…

  • Oui… il est parti la voir… ta maman… Et puis il est revenu…
  • Et… C’est tout ?
  • Là… Il se repose, car ce genre de voyage… C’est très fatigant.
  • Et Maman alors ?
  • Oh Néha… Ta maman… Elle va guérir ! Mais ça va encore prendre un peu de temps…
  • Mais c’est sûr qu’elle va guérir ?

Roxanne sourit à Néha en guise de réponse, et cherche le soutien de Florence, qui baisse trop vite les yeux…

  • C’est quand il a fini de se reposer Papa ? On y va quand, le voir ?
  • Après l’école… il a vraiment besoin … de beaucoup de repos là, ma puce.

Roxanne ne comprend pas le regard fuyant de Florence, et son silence inhabituel. Dan arrive enfin. Il salut rapidement les filles, embrasse Roxanne dans les cheveux, passe sa main sur la joue de Néha, et plonge le nez dans son café. Florence et Roxanne rassemblent leurs affaires pour le collège, sans se parler. Dan prépare Néha pour l’école, sans rien remarquer. Florence et Roxanne sortent de la maison les premières. Après quelques pas, Florence prend de l’avance sans attendre Roxanne. Roxanne court après elle pour la rattraper, lui pose une main sur l’épaule et lui demande…

Roxanne – Florence

  • Attends, il se passe quoi, là ? Qu’est-ce que je t’ai fait ?

Florence la regarde d’un air désabusé, les yeux humides… Hésite, puis lâche brutalement…

  • Tu… couches avec mon père !
  • Hein ?

Roxanne reçoit cette phrase comme un coup de poignard. Paralysée sur place, sa respiration s’accélère, elle manque d’air. Florence a repris le chemin du collège. Elle est déjà loin. Les larmes aux yeux, Roxanne tente de faire quelques pas. Elle ne veut plus continuer. Plus jamais dans cette direction, se dit-elle. La phrase de Florence tourne en boucle dans sa tête. Tant d’atrocités que des yeux d’enfants n’auraient pas dû voir durant son long et périlleux voyage, giflent sa mémoire. Elle se revoit seule, abandonnée, désespérée, au bord de cette voie ferrée avant que Florence ne la découvre. Elle ne comprend pas… ne veux pas comprendre… Elle fait demi-tour, marche droit devant, lève la tête et demande au ciel un chemin à suivre…

10:00am

  • Monsieur Volti ?
  • Lui-même ?
  • Le collège Jacques Prévert au téléphone, Mme Blasco de la vie scolaire. C’était pour vous signaler que Roxanne ne s’est pas présentée en cours de maths ce main à 8 heures. Est-elle malade ?
  • Heu… non… Elle est partie comme d’habitude…
  • Ah ! Eh bien dans ce cas, elle est considérée en absence irrégulière. Lorsqu’elle se représentera au collège, il lui faudra un mot de votre part…
  • Attendez… Vous m’annoncez que ma fille a disparu et…
  • …Ne vous alarmez pas trop vite. Les élèves sèchent les cours bien plus souvent qu’on ne croit. J’en suis à mon troisième appel ce matin. Au revoir Monsieur Volti…
  • Mais votre responsabilité ne se limite tout de même pas à faire l’appel le matin ?
  • Je ne suis pas titulaire du poste, Monsieur, je vais passer une annonce au micro et demander à l’infirmerie, on ne sait jamais.
  • Oui, faites ça… Merci !

Énervé, Dan cherche dans son téléphone le contact WhatsApp de Roxanne… Il cherche encore… et s’aperçoit avec stupeur qu’il n’y figure pas. Il sait qu’elle ne quitte pas son téléphone, même si elle ne l’utilise qu’en WIFI. Il regrette à présent d’avoir trainé pour lui payer un forfait téléphone. Il se mord les lèvres, et envoie un texto à Florence…

  • Flo – C’est Papa, appelle-moi de toute urgence…

A peine deux minutes plus tard, Florence appelle Dan.

Florence – Dan

  • C’est quoi l’urgence ? Je suis en cours, là !
  • Roxanne a disparu. Vous êtes bien arrivées ensemble au collège ce matin ?
  • Roxanne ? Disparue ?…

Florence répond par un silence

  • Allo, Florence ? Tu réponds ?
  • …Nous nous sommes disputées… J’ai continué toute seule. Je… je n’ai pas regardé derrière si elle suivait.
  • Mais Flo… en à peine quinze minutes, on a le temps de se disputer sur quoi de si important ?

Florence ne répond pas, et cherche ses mots avant de répondre à son père.

  • Je sais pas où elle est… Va voir à Saint Camille… Elle y est sans doute, c’est sa deuxième maison maintenant !
  • Oui, c’est une bonne idée, ça… Préviens-moi si tu as des nouvelles en attendant… à ce soir ma puce.

Mal à l’aise, sentant son estomac se nouer, Florence répond d’une voix presque inaudible.

  • Ouais !

10:45

Après avoir marché vite, Dan arrive à Saint Camille. Un peu essoufflé il sonne directement à la porte d’entrée. Quelques secondes après, la porte s’ouvre, Aléïc apparaît derrière.

  • Vous… vous êtes vivants ?

Aléïc, les poches sous les yeux, sourit.

  • Depuis… Quelques heures maintenant… oui !
  • J’ai… Je… Enfin je ne viens pas pour ça… Roxanne a disparu, je la cherche partout. Elle ne s’est pas présentée au collège ce matin. Vous auriez une idée ?
  • Elle vous a raconté, hier soir ?
  • Oui… Enfin… Pas vraiment… Mais, elle vous déteste maintenant… Donc finalement, Saint Camille ce n’était peut-être pas le meilleur endroit pour la chercher !

Aléïc baisse la tête, et semble comprendre la réaction de Roxanne.

  • Dan… Ce sont ses mots qui m’ont fait revenir…
  • Comment ça ?
  • Elle a cru… Je vous expliquerai en route… J’enfile une paire de chaussures, j’arrive… J’ai peut-être une idée…

Aléïc emmène Dan jusqu’à l’entrée extérieure du fameux sous-terrain, dans lequel se cache encore la communauté de Roxanne. Ils descendent ensemble. Dan sent cette odeur de terre et de chantier qui caractérise ce genre d’endroit. La température se rafraichit. L’humidité sur les murs est visible. Aléïc ouvre une porte dont il a gardé une clé. Dan découvre une grande cavité aménagée et éclairée. Un vieil homme, les ayant entendu entrer, avance vers eux.

Aléïc – Dan – Ramesh

  • Ramesh, je te présente le… père de Roxanne : Daniel Volti. Dan, Ramesh, l’oncle de Roxanne.
  • Bonjour Monsieur Ramesh, Roxanne m’a beaucoup parlé de vous…
  • Daniel Volti, je suis heureux de vous connaître, enfin. Vous avez offert à Roxanne, ce que nous ne pouvions pas aujourd’hui lui apporter. Elle méritait… Elle vous méritait ! Et comment ça se passe avec Florence ?

Surpris qu’il puisse connaître le prénom de son autre Fille, Dan cherche ses mots… Aléïc intervient, et rompt les amabilités.

  • Ramesh, Roxanne a disparu… Je pensais qu’avec ton réseau d’informateurs, tu pourrais…
  • Aléïc… mon fils, il faut que tu vives avec ton temps !… Laisse-moi une minute.

Ramesh s’assoit devant un ordinateur, à l’écran encore sur les marchés financiers indiens. Une nouvelle page s’ouvre. Une carte apparaît.

  • Où en es-tu avec Saint Camille, fils ?
  • À treize jours du couperet final !

Dans une petite fenêtre contextuelle, Ramesh tape du code informatique. Soudain un rond apparaît à l’écran, puis se réduit lentement, jusqu’à pointer un endroit précis sur une carte.

  • Et Aisha ?
  • Elle… Elle est toujours là… Je veux dire… Il y a de vraies raisons d’espérer maintenant…

L’imprimante se met en marche. Ramesh tire la feuille imprimée, et la remet fièrement à Dan. Voilà, Roxanne n’a pas bougé depuis près d’une heure. Elle est à cette adresse.

  • Quelle magie est capable d’une telle prouesse ?
  • Celle de la téléphonie mobile, Daniel Volti ! Rien n’est plus simple de nos jours, que de tracer un téléphone portable. Enfin… avec l’aide de quelques complicités. Beaucoup de services de maintenance en ligne, y compris en France, sont décentralisés en Inde.
  • Comment vous remercier Monsieur Ramesh…
  • Prenez soin de Roxanne, et… Aimez là ! C’est… le plus beau cadeau à lui faire. Elle est si… sensible… intelligente… Son avenir, il ne pouvait plus attendre…
  • Je crois comprendre votre message Monsieur Ramesh… Elle le comprendra, elle aussi… Plus tard. Mais…
  • Oui ?
  • Sa mère… Roxanne est prête à tout pour la retrouver, vraiment à tout. Ça la fragilise, terriblement !

Ramesh baisse la tête, pensif. Dan et Aléïc s’apprêtent à repartir. Ramesh les rappelle.

Ramesh

  • Daniel Volti ?
  • Oui ?
  • L’adresse… C’est chez Melissa Joubert, une amie de Roxanne. L’humain est dans bien des cas, bien plus fiable que la plus performante des technologies !…
  • Merci…
  • Une dernière chose, Daniel Volti…
  • Oui ?
  • Le téléphone de Roxanne… On l’a donné à cette Mélissa Joubert, pour qu’elle l’offre à Roxanne, comme un cadeau… Même éteint, il est géolocalisable !

11:30

Aléïc et Dan arrivent à l’adresse de Melissa Joubert. C’est un porche qui donne sur une petite cour d’immeuble, et sous lequel une série de boîtes aux lettres en bois sont accrochées. Sur l’une d’elle figure : « Mme et Melissa Joubert », mais sans préciser le numéro ni l’étage… Aléïc marche jusqu’au milieu de la cour, et appelle Mélissa. Dan gêné, reste en retrait et observe les fenêtres. Une vielle dame ouvre sa fenêtre et demande : « Vous cherchez qui ? ». Au même moment une porte au rez de chaussée s’ouvre, une jeune fille sort.

Mélissa – Dan

  • Je suis Mélissa… Arrêtez votre raffut ! Vous allez nous mettre mal avec tous les voisins. Vous voulez quoi ?
  • Je suis le père de Roxanne…
  • Ah ! Elle est là… mais… pas bien du tout ! Alors si c’est pour la chahuter encore plus, vous pouvez repartir !
  • Elle s’est disputée avec sa sœur. Ce doit être grave… Roxanne aime beaucoup l’école… j’aimerai comprendre, avant que ça n’aille plus loin…
  • Entrez…

Dan et Aléïc entrent et découvre un salon, bien rangé, avec une dame sur un fauteuil avec des mots croisés, et Roxanne, recroquevillée sur le canapé.

Dan

  • Bonjour Madame…
  • Ma mère est… dans son monde !

Dan évalue rapidement la taille de l’appartement. C’est petit, un salon, une chambre… Peut-être deux.

Aléïc s’approche de la dame, s’accroupit à sa hauteur, et pose sa main sur la sienne… Dan se dirige vers Roxanne, et s’assois à côté d’elle. Restée debout, Mélissa observe la scène, un peu surprise.

  • Roxanne, tu nous as fait si peur…

Dan tente d’approcher une main vers son épaule, mais Roxanne esquive.

  • Tu peux nous expliquer ? Avec Florence, c’est quoi cette dispute ?

La vieille dame pose ses mots croisés, sourit à Aléïc, puis s’adresse à sa fille.

  • Tu ne leur proposerais pas du café, à ces gens-là, Méli ?

Mélissa – Dan

  • Vous alors ! Vous avez de la magie dans vos main… Vous… Je fais du café pour tout le monde ?
  • On est chacun un peu dans son propre monde… Faut juste parfois… Trouver les bonnes passerelles.

Roxanne observe sans rien dire. Dan insiste. Aléïc attend le bon moment.

  • Ta dispute avec Flo, c’est ce qui t’as mise dans cet état ?

Mélissa – Dan

  • Elle ne m’a rien dit de ce qu’il s’est passé… Je l’ai trouvée assise au bord du trottoir… J’ai cru à une agression, puis je crois pas. J’ai séché les cours ce matin, pour la ramener à la maison…
  • Merci beaucoup Melissa… Je te ferai un mot aussi pour toi pour…
  • …Vous nous avez trouvé comment ?
  • Son téléphone…
  • Mais c’est impossible, elle l’avait éteint. Je voulais qu’elle vous prévienne, mais…
  • C’est le téléphone que… tu lui as offert ?

Mélissa rougit et regarde Roxanne d’un air coupable… Aléïc sauve la situation en intervenant…

  • Il y a des app qui trace un tel… même éteint !

Mélissa remercie Aléïc du regard… D’une toute petite voix Roxanne sort de son silence.

Roxanne – Dan

  • Je veux retourner vivre avec Ramesh et les autres…
  • Et pourquoi ?
  • On peut vivre avec… des traumatismes… pas avec des préjugés…

Les larmes coulent à nouveau sur les joues de Roxanne.

  • Ma Roxi, dis-moi ce qu’il s’est passé avec Flo ce matin. Faut que j’aille la cuisiner, elle aussi ? Qu’est-ce qu’elle t’a dit d’aussi blessant ?
  • Je… Je me suis mal conduite ! Pardon… Dis-lui pardon pour moi… Tout ça c’est ma faute…
  • Mon cœur… On peut rembobiner le film là ?

Mélissa arrive avec une cafetière remplie. Elle ouvre le placard pour prendre des tasses sous le regard bienveillant de sa mère.

  • Et tu n’oublieras pas les petits gâteaux Méli ?
  • Heu… ceux-là maman, mieux vaut pas… Ils ont cent ans !

Aléïc sourit, et pense au marc qui tapisse en permanence le fond de sa cafetière. Roxanne triture nerveusement la couture en relief de l’accoudoir du canapé. Dan reprend.

  • Alors mon cœur, à partir de quand ça a dérapé ?
  • J’ai… Couché avec toi !
  • Quoi ?

Mélissa tourne la tête, et dévisage Dan d’un air accusateur… Dan accuse le coup… Répond au regard méprisant de Mélissa, par un air d’innocent accusé à tort.

  • Tu voulais dormir dans mon lit, ma Roxinnette, parce que Flo t’avait piqué Néha… Dormir pas coucher ! Tu as dormi mon cœur… Les mots… peuvent tout changer, tu sais ?
  • Comment… Et moi, avec Néha, je couche aussi ?
  • Non, c’est différent. Vous, vous êtes des enfants…
  • Nan c’est pas différent… Hier j’étais avec toi, comme Néha avec moi. Elle a besoin d’amour, elle. Comme moi… Et qu’on le lui montre, qu’elle le sente… Elle se blottit contre moi tous les soir. Elle veut ma main sur son ventre… C’est le rituel… Et c’est tellement agréable aussi de donner… Tous ceux qui pensent à mal sont des débilos… Florence je la déteste !!!
  • Ce que tu décris là, c’est de l’affection, Roxi… Une très belle amitié qui vous réunit.
  • Nan c’est de l’amour… Vais pas me priver de dire « je t’aime Néha ! » Jamais… Mais c’est complètement débile… Tu me vois lui dire je t’affectionne mon cœur ? Pire, je « t’amitie beaucoup ! » Ce sont les gens comme Flo qui ont de la m… dans leurs sentiments, qui pourrissent l’humanité et qui finissent par monter tout le monde les uns contre autres. Plus personnes n’osent aimer vraiment, dans ce monde, c’est interdit. La société est complètement conne. On tolère beaucoup plus la haine que l’amour…

Maman de Mélissa

  • Vous avez dit un gros mot jeune fille, mais vous avez terriblement raison !

Mélissa sourit, prend une chaise, s’assoit à côte de sa maman, puis lui prend la main.

Aléïc se lève, se déplace jusqu’à l’accoudoir du canapé, puis s’accroupit au niveau de Roxanne.

Aléïc – Roxanne

  • Heureusement qu’il y a des gens comme toi, Roxanne ! Pour prévenir les gens qui ne regardent pas plus loin que le bout de leur nez, que la réalité est parfois… bien différente !
  • Tu te cherches des excuses, pour hier ?
  • Tu détestes Flo parce qu’elle t’a dit quelque chose… à propos d’un truc qu’elle croit avoir vu ! Un peu sévère, non ? Vous allez rester fâchées longtemps sur un malentendu ?
  • Hier… c’est la culpabilité qui t’a fait revenir ?
  • Hier… Aisha… Le courant l’avait emportée trop loin… Il fallait que je nage jusqu’à elle pour lui donner la force de revenir… de tenir le coup, le temps que les secours viennent la chercher, pour de bon. Ce n’est pas la culpabilité qui m’a donné la force de revenir, c’est la colère ! Ce que j’ai entendu… Les mots que tu as prononcés… étaient faux… une mauvaise interprétation…

Roxanne se redresse, pour pleurer sur l’épaule d’Aléïc. Dan ose reposer sa main sur Roxanne, qui cette fois ne l’esquive pas…

15:45

Dan a passé l’après-midi avec Roxanne, au parc d’abord, puis à la maison. Ils ont beaucoup parlé. Roxanne a convaincu Aléïc d’aller chercher Néha à l’école cet après-midi, et le plus souvent qu’il peut. Aléïc lui, a encouragé Roxanne d’aller s’expliquer avec Florence, face à face, sans attendre la médiation de Dan.

16:00

Roxanne attend Florence à la sortie du collège… Elle l’aperçoit, son cœur s’emballe. Florence passe le portail du collège, et s’arrête devant Roxanne qui lui barre le passage. Roxanne s’avance vers Florence, lui pose ses deux mains sur les joues, et l’embrasse sur la bouche. Puis recule d’un pas…

Roxanne

  • Tu vas croire quoi maintenant ? Que j’aime les filles ?

Florence les bras ballants ne sais plus comment réagir. Ses oreilles sont rouge vif, les joues prennent également des couleurs. Des larmes apparaissent aux coins de ses yeux… Elle voudrait s’essuyer la bouche mais ne bouge pas. Elle perçoit dans ses yeux, toute la détresse de Roxanne. Elle mesure soudainement tout le mal qu’elle lui a fait, en une seule et malheureuse phrase… Ce n’est pas ce qu’elle voulait. Son baiser… Elle a compris le message de Roxanne. Elle a compris son erreur, sa jalousie… D’avoir vu une étrangère dans le lit de son père… À son tour elle avance d’un pas vers Roxanne, qui recule, puis s’arrête. Florence lui rend un rapide baiser sur ses lèvres, et l’enlace chaleureusement. Elle lui murmure à son tour.

Florence – Roxanne

  • Je m’en fous de qui tu aimes, tant que tu gardes une petite place pour moi dans ton cœur. Pardon sœurette… Pardon, pardon, pardon…
  • Flo ?
  • Oui, quoi ?
  • Je peux appeler Papa Dan, Papa ?
  • … On est sœur… Logique, non ? Pourquoi tu n’as pas demandé avant ?
  • Je… Je ne voulais pas te voler ton papa ! Mais aussi… éviter de m’attacher… si jamais je devais repartir ailleurs… encore…
  • On ne te laissera plus jamais partir !
  • Flo ?
  • Tout ce que tu veux ma Roxinnette…
  • Tu serres vraiment fort, là… Tu promets de plus jamais douter de moi ?
  • C’est promis… à une condition…
  • Laquelle ?
  • Que toi aussi tu ne doutes jamais de moi…
  • Promis… J’crois qu’on peut se lâcher là, maintenant !
  • Mmmm… Deux minutes ?

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