A1 – Aléïc

   Aléïc se réveille réincarné dans un corps qui n’est pas le sien. Il ignore son origine exacte, mais sait qu’il est le produit d’expérimentations menées par Serge et son équipe, dans un hôpital désaffecté. Portant en lui des souvenirs réels empruntés à plusieurs vies, il refuse d’être réduit à un simple cobaye. Il n’a qu’une idée en tête, fuir…

Aléïc 

   Je m’appelle Aléïc. Je suis le fruit de plusieurs mères, mais aucune d’entre elles ne m’a donné ce prénom. Ce que je suis ? Personne ne le sait vraiment, pas même moi… Une expérience scientifique ? Un cobaye humain ? La seule certitude cependant dans cette affaire : ce corps n’est pas le mien. Je suis un être réincarné !

   Ma renaissance a eu lieu à Saint Camille, un hôpital désaffecté en banlieue parisienne, réinvesti par une équipe de chercheurs à l’éthique douteuse. À leur tête, Serge. Autrefois professeur en médecine, chercheur émérite en neurologie, il a tout quitté après la mort de sa fille, emportée par une longue maladie. Rongé par la culpabilité de n’avoir pas pu la sauver, il s’est lancé à corps perdu, seul contre tous, dans une quête de l’impossible. Persuadé d’avoir fait une découverte fondamentale, il s’obstine, lui et son équipe, à en tester tous les aspects sur moi.

Contre toute attente, et après deux réveils miraculeux dans la chambre voisine, l’improbable s’est produit: à mon tour je me suis réveillé, après avoir été officiellement décédé !

Ma mémoire est constituée d’un canevas de plusieurs vies. Je suis tantôt homme, femme, adulte ou encore adolescent… Des souvenirs très précis concernant mes différentes anatomies, mes histoires et mes familles, dépassent toute pathologie psychologique. Je ne présente pas un syndrome de personnalités multiples, je suis plus que ça: j’ai volé ces fragments de vie à de véritables personnes.

   Le corps que j’habite… Il a été récupéré à l’assistance publique des hôpitaux de Paris, à l’école de chirurgie. Tout est légal, et a été fait dans les règles. Seulement maintenant, ce cœur qui était refroidi, s’est remis à battre ! Est-ce qu’on délivre encore des actes de naissance à l’âge que je semble avoir ? Et qui seraient mes parents déclarés : Serge ? Élise, son épouse ? Josh, son acolyte ?

   Aujourd’hui, une seule idée m’obsède : quitter ce labo dans lequel la considération à mon encontre ne dépasse pas celle d’un ras de laboratoire.

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