Au collège, Florence et Roxanne transforment un simple exposé en performance slamée. Avec leurs camarades réfugiés, ils dénoncent l’exil et revendiquent le droit d’apprendre. Beatbox, danse et paroles bouleversantes résonnent : les « invisibles » deviennent visibles. Le gymnase explose en applaudissements. Une victoire symbolique, où l’école s’ouvre enfin à toutes les voix.

La porte de la maison vient de se refermer en claquant, comme chaque matin, juste à l’instant où les filles partent pour le collège. Dan sursaute. Depuis plusieurs matins, il se sent envahir par une sorte de mélancolie lorsqu’il se retrouve seul à la maison. Un calme qu’il appréciait pourtant auparavant et qui l’aidait à se concentrer sur son écriture, prend soudainement l’allure d’un silence inquiétant qui le fait cogiter. Ce matin, il décide de se raisonner, et de mettre à plat toutes ses angoisses.
Dan
Tout arrive si vite, que j’ai un peu de mal à suivre. Et comme il m’arrive souvent, lorsque mes pensées partent dans tous les sens, je me retrouve au pied d’une montagne aux parois verticales, hautes et lisses. Dans ces moments-là, rien de mieux qu’un papier et un crayon pour poser des mots sur ce qui m’empêche vraiment d’avancer.
Je me suis auto-proclamé écrivain, mais sans une seule publication à mon actif, suis-je crédible ? Si je ne vis pas de mon écriture, alors que dois-je mettre dans la case profession ? Avec l’enquête sociale déclenchée par l’arrivée de Roxanne dans notre foyer, la question va forcément être posée: quelles sont mes ressources ?
Roxanne est incroyablement attachante. Elle a réussi, par je ne sais quelle magie, à sortir Florence de sa morosité profonde. Elle a également un impact positif sur moi, c’est indéniable. Je réalise bien mieux que le monde ne tourne pas autour de mes seuls problèmes existentiels. Il y a bien plus important. La situation de cette courageuse jeune fille en est la plus belle illustration. Grâce à elle je sors de ma bulle… tout comme Florence. Roxanne me permet de donner le meilleur de moi-même, en réveillant en moi cette force insoupçonnée pour l’aider… Peut-être celle d’un père ? Un vrai…
Le constat est sans appel: elle doit rester… mais tout en veillant à ne pas briser le lien avec sa vraie famille ! Après tout le bien qu’elle nous apporte déjà, je serais prêt à accueillir ses parents, frères, sœurs… cousins ! En a-t-elle, seulement ? Ça aussi l’ASE (*Aide Sociale à l’Enfance) va vouloir le savoir… moi le premier. À qui manque-t-elle ?
En fin d’après midi, Florence n’a pas la patience d’attendre Roxanne. Une certaine jalousie s’invite chez elle, depuis que Roxanne lui parle sans arrêt de sa nouvelle amie étrangère, au parcours qui ressemble au sien.
Florence
Elle m’énerve ! Avec son cours d’EA ch’sais pas quoi, elle oublie l’heure ! Et puis sa nouvelle copine capte toute son attention. Moi à côté, ça y est, je suis la page qu’on tourne ! Allez, chapitre suivant ! Roxanne m’abandonne seule à mon exposé. Sérieux, ça me gave ! Mais dans quoi me suis-je embarquée ?…
Roxanne, rentre de l’école essoufflée, elle a couru. Elle se débarrasse de son sac d’école au pied de l’escalier, et se précipite vers la chambre de Florence.
Roxanne, Florence
– Florence, Florence, tu devineras jamais quoi !…
– Ben nan, si tu l’dis… Quoi ?!
– On a fait une chanson, pour l’intro de ton exposé…
– Ah ?… Et c’est qui qui va la chanter ?
– Hey, respire ! C’est quoi cette tête ? T’as entendu ? Tu n’es plus toute seule, on est cinq avec toi maintenant !
– C’est qui, les quatre autres ?
– Les quatre ? C’est nous, les invisibles. C’est nous qui allons chanter. Faut qu’on se cale une choré là-dessus… Toi, tu parles, c’est tout. T’es notre porte-voix, ça te dit ?
– Ouais, un peu… Merci… Et elle ressemble à quoi cette chanson ?
– Ah, oui… Bon je te la fais version slam ! Écoute écoute :
Une rentrée sans cahier
Septembre en France, à l’école c’est la rentrée.
Je kifferai les vacances, si j’avais de la chance.
Les autres ne calculent pas, ce privilège que je n’ai pas.
Derrière l’école, c’est la guerre. Beaucoup ne s’en soucient guère.
Explosions et bombardements
– Allez, bouge tes fesses, viens là, à côté. Faut improviser une choré, là…
Explosions et bombardements
À la télé on vous ment.
On ne part pas par plaisir, juste, on évite les tirs.
La violence, la haine, prouve la décadence humaine.
Courir sans se retourner, ou pourrir abandonné.
Explosions et bombardements
Pas de temps pour les sentiments.
Marcher, marcher vers la paix, au risque de se faire choper.
Marcher, marcher encore, ne pas s’apitoyer sur son sort.
Un jour peut-être, on sera arrivé,
Aujourd’hui hélas, on peut toujours rêver.
Explosions et bombardements
Les détonations ont enfin cessé.
Les sourires reviennent, quand on peut se redresser.
Fuir mais ne plus courir, faut-il croire à l’avenir ?
Regarde jouer les enfants, qui peut dire ce qu’ils vont devenir ?
Explosions et bombardements
Ce n’est pas fini pour autant.
Déracinement, débrouille et clandestinité
Le prix de la paix, c’est vivre sans papier, sans dignité.
L’école ce n’est pas les vacances, juste, ma dernière chance.
Explosions et bombardements
Le savoir ma seule richesse, passe par l’enseignement.
Un grand merci à la France, mon cœur veut lui crier.
Pays d’espoir et de paix, dans ce monde qui en manque cruellement.
À l’école c’est la rentrée, moi j’arrive sans cahier.
– Elle est trop bien ta chanson Grand-Cœur-Roxanne… on va déchirer avec ça. Merci… merci merci, et… pardon aussi…
– Pardon ? Pardon de quoi ?
– D’avoir pensé que… Tout ce temps en plus, que tu passais en UP-truc, c’était… que tu préférais tes nouveaux amis à moi !
– Flo, il faut que je te dise… Je t’ai demandé la permission d’appeler Dan, Papa… J’ai demandé à Amma la permission de l’aimer comme un papa… Mais toi, je n’ai rien calculé du tout. Tu es ma sœur, depuis le tout début… J’essaie seulement, d’être à la hauteur de tout ce que tu me donnes ! Crois moi, ce n’est pas facile… parce que tu as pris beaucoup d’avance !
– Papa a raison ! T’es le miracle que cette maison attendait… T’es là, l’air de rien, sans même t’imaginer que tu es un vrai rayon de soleil qui brille au-dessus de nos tête, et qui réchauffe les cœurs.
– C’est bien la première fois… qu’avec ma couleur de peau, on me dit que je suis lumineuse !
– Ça, par contre, c’est complètement con ce que tu viens de dire… Tu crois qu’une âme qui monte au ciel emporte sa couleur de peau avec elle ?
– Les vrais gens, eux, n’ont pas la sagesse d’une âme qui fait ses valises ! Tu… tu vas parler de ça, dans ton exposé ? De nos différences avec les autres ?
– Non… Enfin si, mais pas comme ça. Genre, dans mon intro, je vais juste dire… Je m’appelle Indra, je vis en France, dans cette ville, mais dans ce collège, je ne suis pas inscrite…
– Flo… la chanson, et ce que tu as à dire, on ne va pas faire le show juste devant la principale…
– Mais c’est elle qui m’a demandée…
– Ouais, mais c’est pas à elle, que ça profiterait le plus…
– Ah ! Et à qui tu penses ? C’est quoi l’idée ?
– Il faut lui demander… Elle ne peut pas dire non, si on va la voir tous les cinq en même temps.
– Allez… Dis moi quoi ?
– Ton exposé, il faut le présenter devant toutes les troisièmes… Plus qu’un simple exposé, tu as… On a un message à passer, à des gens qui… qui ont tous un téléphone portable depuis au moins deux ans, qui ne mesure pas la chance de se lever le matin pour aller à l’école… qui n’ont pas peur, eux, en sortant de chez eux, ni de l’avenir !
– Moi ? Parler devant toutes les troisièmes ? Je n’ai jamais tenu un micro de ma vie, et… La timidité, me paralyse… Ça va pas le faire ma Roxinnette, désolée.
– Mais ce n’est pas toi qui va parler… C’est ton cœur ! Et les nôtres, tu les entendras aussi, t’inquiètes, derrière toi.
– Mais ce n’est plus un exposé, là ! C’est carrément un spectacle… hein ?
– Mais la vie est un spectacle permanent, ma Flo d’amour ! Regarde ton tel, Tic Toc, Insta, Facebook, tout le monde veut être acteur, même pour raconter des bêtises, toutes plus grosses les unes que les autres. Lundi c’est l’occasion de briller pour de vrai, et en plein jour. C’est pas toi qui parlait de rayon de soleil, il y a un instant ?
– Il faut que je demande à ma prof de français, si ce que j’ai déjà écrit c’est audible. J’ai l’impression de descendre dans l’arène !
– Hi hi, sauf que là, tes lions, ils sont en peluche !
Dimanche 22h30
Florence rentre dans la chambre de Roxanne sans frapper. Elle est anxieuse. Elle lui relit son texte une énième fois pour tenter de trouver en elle un peu de confiance !
Roxanne – Florence
– Flo Flo Flo…
– Quoi ? C’est pas bien ?…
– Si !… Mais…
– Mais quoi ?… Dis moi !!
– Pose ta feuille… Et regarde moi… Dans les yeux.
– Là… Et puis quoi ?
– Et puis… Dis moi: retourne dans ton pays, sale crouille !
– Ça va pas la tête ? Nan jamais…
– Si vas y… Allez !!
– …Retourne dans… Non je peux pas ! Je peux pas…
– …Alors tu préfères que ce soit d’autres qui me le disent. Car ça, et d’autres trucs encore plus méchants, j’ai déjà entendu !
– …Nan, non plus !
– Alors c’est à ça que va servir ton exposé… À changer le regard des autres sur nous… Et pas juste à faire plaisir à ta principale ! Parle avec ton cœur, et tu oublieras le trac.
– T’es pas une crouille… d’abord ! Je… J’irai dans l’arène, promis !
Lundi 9h30: Tout est en place. Florence, accompagnée des quatre élèves d’UPE2A, a obtenu de la principale de disposer du gymnase du collège pour leur présentation. En plus des gradins et de la sono, ils ont également bénéficié de deux heures, qui seront à rattraper plus tard, pour tout installer.
Roxanne
Ça y est, on est prêt !… Enfin… Pas certaine pour Florence. Elle fait les cent pas, en répétant son texte à voix haute. Elle doit sûrement le connaître par cœur, mais ne peut pas s’empêcher de lire ses notes. Sa feuille tremble dans sa main ! Pour nous, la chorale, c’est un peu moins le stress. Juste, être exposés comme ça, ce n’est pas trop confort. La choré, faute de temps, est simple mais efficace. Les poings sur la poitrine, puis les mains tendues en l’air, sont censées représenter les explosions et les bombardements. On a invité quelques profs également… Juste histoire de… ne pas faire fête d’école entre ados boutonneux !
9h50:
La cloche du début de récrée. Les élèves commencent à arriver sans trop savoir à quoi ils vont assister. On a prévu une musique d’accueil, plutôt douce et mélancolique, sur laquelle Mahir fait chauffer la beatbox, pour réveiller l’atmosphère…
Ça surprend, des sourires s’affichent sur les visages. Des portables sortent des poches et commencent à filmer.
10h00:
C’est parti, c’est Dmytro qu’on a choisi pour le slam, au début. Avec sa voix, la plus grave de nous tous, et son léger accent qui donne de l’authenticité aux paroles, il envoie le premier couplet…
Septembre en France, à l’école c’est la rentrée.
Je kifferai les vacances, si j’avais de la chance.
Les autres ne calculent pas, ce privilège que je n’ai pas,
Derrière l’école, c’est la guerre. Beaucoup ne s’en soucient guère.
Roxanne
A mon tour: j’envoie une sirène d’alerte bombardement ukrainienne dans les haut-parleurs, pendant que Parwana éteint les lumières trois fois avant de les rallumer. Mahir fait la mitraillette et imite le bruit d’une bombe.
Ensemble on prononce «Explosions et Bombardements » avec notre choré enfin réglée.
Cette fois c’est chacun notre tour de prononcer une phrase.
Roxanne – Dmytro – Parwana – Mahir
Explosions et Bombardements
À la télé on vous ment
On ne part pas par plaisir, juste, on évite les tirs
La violence, la haine, prouve la décadence humaine
Courir sans se retourner, ou pourrir abandonné
Roxanne
Je regarde droit devant moi, les visages sont flous. Mon cœur doit battre aussi fort que celui de Florence, qui se prépare à entrer sur scène. Encore deux couplets… Même scénario: Ensemble le refrain, et chacun une phrase, dans le même ordre.
Explosions et bombardements.
Pas de temps pour les sentiments.
Marcher, marcher vers la paix, au risque de se faire choper.
Marcher, marcher encore, ne pas s’apitoyer sur son sort.
Un jour peut-être, on sera arrivé,
Aujourd’hui hélas, on peut toujours rêver.
Explosions et bombardements
Les détonations ont enfin cessé.
Les sourires reviennent, quand on peut se redresser.
Fuir mais ne plus courir, faut-il croire à l’avenir ?
Regarde jouer les enfants, qui peut dire ce qu’ils vont devenir ?
Roxanne
Grand silence à nouveau. Mahir imite des bruits de pas. Dmytro lance depuis son tel la musique. Le son faible au début, comme s’il venait de loin, puis normal. On a choisi Amélie Poulain, la bande son du film. Un clin d’œil à Paris… la ville lumière.
Florence arrive, sa feuille toujours à la main, mais sans la regarder cette fois. Elle est… différente… lumineuse. Oui, c’est ça, lumineuse… On l’applaudit, alors qu’elle n’a pas encore ouvert la bouche ! On capte l’attention, c’est cool. Faut assurer maintenant. Le silence revient. Le temps est suspendu. Cette fois, quasi tous les portables sont sortis. Vas-y ma guerrière, on est là, derrière, en appui. Florence n’est plus Florence: elle est notre voix. Elle prend le micro, respire profondément, jette un dernier coup d’œil très furtif à sa feuille, et avance encore de quelques pas. Elle regarde son public, comme si elle voulait le remercier d’être venu l’écouter. Elle approche son micro de sa bouche, son autre bras ballant, elle prononce sa première phrase. Sa voix résonne dans tout le gymnase.
Florence
– L’école n’est pas pour tout le monde !…
– Pourquoi pas elle ? Je m’appelle Indra,
– L’école n’est pas pour tout le monde…
– Pourquoi pas lui ? Je m’appelle Mahir.
– L’école n’est pas pour tout le monde…
– Pourquoi pas elle ? Je m’appelle Parwana.
– L’école n’est pas pour tout le monde…
– Pourquoi pas lui ? Je m’appelle Dmytro.
– Je ne connais pas les lois de ce pays, mais je suis vivant, et je vis ici !
– Je viens d’ailleurs, d’un pays où apprendre m’est interdit. Là où la guerre et la haine ont déchiré les peuples, les familles. Là-bas, on brûle les livres, les écoles.
– L’école n’est pas pour tout le monde…
– Pourquoi pas eux ?
– Eux qu’on regarde, mais sans les voir. Comme si des papiers d’identité, servaient à respirer, étaient vitaux pour exister.
– Le savoir est un droit universel. En vrai, il ne l’est pas. C’est l’arme de la paix, qui fait peur à ceux qui veulent toujours plus de pouvoir. L’ignorance, c’est l’arme des dictateurs, et des fous.
– L’école n’est pas pour tout le monde…
– Pourquoi pas eux ? Bordel !
Emportée par sa fougue, elle jette sa feuille devant elle… Elle baisse les yeux, et respire fort.
Un grand silence règne dans la salle. Roxanne et ses amis chuchotent au micro: explosion et bombardements. Dmytro seul pousse progressivement la voix sur le début de ce couplet.
Dmytro
Ce n’est pas fini pour autant.
Déracinement, débrouille et clandestinité,
Le prix de la paix, c’est vivre sans papier, sans dignité.
Les quatre voix crient ensemble la dernière phrase du couplet.
L’école ce n’est pas les vacances, juste, ma dernière chance.
Florence reprend.
– En France il existe une loi : tout enfant a droit à l’école, qu’importe ses origines et sa situation, légale ou non.
– Mais qui la connaît, cette loi ?
– Pour qui est-elle écrite, si on ne les voit même pas, ces enfants ?
– Dites-moi comment un enfant en situation irrégulière, avec ses parents, peut-il pousser seul la porte d’un collège ?
– Qui peut changer les choses ?
– Pourquoi pas nous ?
– Il ne s’agit pas d’encourager l’immigration illégale en France. Mais de combattre l’ignorance qui exclut, et qui rend les esprits manipulables par les puissants.
– Pour ça, il suffit juste d’ouvrir les yeux, et de comprendre… De… De comprendre que la misère est comme les nuages dans le ciel, elle n’a pas de frontière.
– Que… plus on abrutira les gens avec de fausses informations, plus on les privera des moyens de réfléchir et d’analyser une situation… Alors, on finira par fabriquer des générations d’idiots. L’espèce humaine deviendra légume… plus bête qu’une courge !
– C’est ça que vous voulez ?…
Roxanne
Encore ce silence, qui parle bien plus qu’on ne le croit. Florence est au bord des larmes… Elle est à deux doigts de craquer. Non… Pas maintenant… Mahir improvise: il imite le son d’un jeu vidéo qui s’éteint, puis prononce d’une voix numérique, « Game over » ! Ensemble on zappe le refrain, et d’une seule voix, on slamme les quatre dernières phrases.
Le savoir ma seule richesse, passe par l’enseignement.
Un grand merci à la France, mon cœur veut lui crier.
Pays d’espoir et de paix, dans ce monde qui en manque cruellement.
À l’école c’est la rentrée, moi j’arrive sans cahier
Puis, chacun à notre tour, sans l’avoir décidé au départ, nous répétons:
À l’école c’est la rentrée, moi j’arrive sans cahier
À l’école c’est la rentrée, moi j’arrive sans cahier
À l’école c’est la rentrée, moi j’arrive sans cahier
À l’école c’est la rentrée, moi j’arrive sans cahier
Florence nous regarde, et nous remercie avec ses yeux. Elle reprend son souffle… et son courage à deux mains.
– Qui peut changer les choses ?
– Pourquoi pas nous ?
– Nous pouvons changer notre regard sur le monde.
– Nous pouvons faire évoluer l’espèce humaine… par le savoir. Pas par la guerre.
– Il faut apprendre à nos enfants qu’un monde en paix, est un monde en harmonie avec la nature.
– Il faut leur dire que c’est possible.
– Que c’est possible d’être meilleur !
– C’est à ça, que doit servir l’école… Apprendre à être humain, en vrai, tous ensemble, et partout sur la planète.
– Nous sommes là pour ça, pas vrai ?
– Alors… Pourquoi pas nous ? Maintenant !…
– Merci, pour votre attention…
Roxanne
Ce grand silence, revient encore, et parcourt tout le gymnase. Florence a assuré… mais une fois l’épreuve passée, elle redevient Florence. Et visiblement, là, si elle pouvait disparaître derrière son micro… Puis quelques élèves se lèvent pour applaudir… Très vite, d’autres suivent. Presque tout le monde est debout, à présent. La principale sourit. Les profs aussi. La satisfaction se lit sur leurs visages. On a réussi à passer un message… Florence relève les yeux, surprise. Elle sourit elle aussi, avec les larmes aux yeux. On a le pouvoir de changer le monde. L’émotion me submerge. Les larmes ne sont pas loin : nous ne sommes plus invisibles… Nous sommes visibles… et invincibles !!